Le préjugé devenu voix intérieure
L’autostigmatisation, c’est le moment où les préjugés que la société porte sur la maladie psychique sont retournés par la personne contre elle-même. À force d’entendre qu’on serait dangereux, incapable, irrécupérable, on finit par le croire. Le regard du dehors devient une voix du dedans.
Le cercle de l’auto-stigmatisation
Le mécanisme se déroule par étapes : on prend conscience des stéréotypes, on les juge vrais, puis on se les applique — « je suis comme ça ». Cette intériorisation produit l’effet « à quoi bon » : pourquoi chercher un emploi, une relation, de l’aide, si l’on se croit d’avance condamné ?
Une entrave au rétablissement
L’estime de soi s’effondre, l’isolement s’installe, parfois jusqu’au renoncement aux soins. C’est l’une des blessures les plus silencieuses du trouble psychique — parfois plus lourde que les symptômes eux-mêmes.
S’en libérer
Ce n’est pas une fatalité. Rencontrer d’autres personnes concernées qui ont avancé brise le sentiment d’être seul et défectueux. Reprendre du pouvoir d’agir, et redéfinir son identité au-delà du diagnostic, rouvrent l’avenir. L’art, ici encore, ouvre une issue : créer, c’est affirmer qu’on est davantage qu’un mot posé sur soi. Mon emblème aux deux cercles le dit : l’autre, c’est moi.
🜚 Moryotis — Nicolas Bottin