Coopérer, c’est décloisonner
En santé mentale, aucun acteur ne détient à lui seul les clés du rétablissement. Le soin, le social, la culture, le logement, l’emploi, la pair-aidance : chacun tient un maillon. Coopérer, c’est relier ces maillons plutôt que les laisser travailler chacun de leur côté.
On appelle cela le décloisonnement : faire tomber les murs entre la psychiatrie, le médico-social, les associations, les collectivités et les personnes concernées, pour construire des parcours continus au lieu de ruptures.
Pourquoi la coopération change tout
La santé mentale ne dépend pas que des soins : elle se joue aussi dans les liens sociaux, l’accès aux droits, la qualité du cadre de vie. Aucun professionnel, aucune association ne peut couvrir tout cela seul.
Quand les acteurs coopèrent, ils gagnent en continuité (moins de personnes qui « passent entre les mailles »), en complémentarité (chacun son savoir-faire) et en énergie : on n’a pas à tout réinventer dans son coin. C’est aussi vrai pour les initiatives artistiques et citoyennes, qui trouvent leur place aux côtés du soin.
La coopération transfrontalière
Les troubles psychiques ne connaissent pas les frontières — les réponses non plus ne devraient pas s’arrêter à elles. De part et d’autre d’une frontière, les systèmes de santé (par exemple la France, la Wallonie et la Flandre) ont des organisations et des forces différentes. Coopérer par-delà la frontière, c’est apprendre les uns des autres, partager les bonnes pratiques et mutualiser les ressources.
Pour rendre cette coopération possible, l’Union européenne finance des programmes dédiés. Le programme Interreg France-Wallonie-Vlaanderen, soutenu par le FEDER (Fonds européen de développement régional), finance ainsi des projets communs entre partenaires français et belges — dont plusieurs touchent à la santé mentale.
Un exemple vivant : Psicocap+
Psicocap+ est l’un de ces projets européens Interreg France-Wallonie-Vlaanderen consacrés à la santé mentale. Il réunit des partenaires français et belges — parmi lesquels MentalNet.EU, l’AVIQ, le Centre Neuro Psychiatrique St-Martin, la Haute École de la Province de Namur (HEPN) et l’Observatoire régional de la santé (OR2S) — autour d’une même ambition : améliorer, ensemble, la prévention et l’accompagnement au-delà de la frontière.
En octobre, à l’occasion de la Semaine de la santé mentale, ce projet a accueilli l’exposition Moryotis Tour au Centre Neuro Psychiatrique St-Martin. Un exemple concret de coopération, où l’art et le regard des personnes concernées rejoignent le travail des institutions.
Et la pair-aidance dans tout ça
La coopération n’est pas qu’affaire d’institutions. Elle inclut le savoir expérientiel : celles et ceux qui ont traversé la maladie et le rétablissement sont des maillons à part entière du réseau. Le pair-aidant coopère avec les soignants, les associations et les personnes accompagnées — en apportant ce que seul le vécu peut transmettre.
🜚 Moryotis — Nicolas Bottin